10.02.2006

Petite nouvelle

Sa seule amie
De la pluie qui tombe, qui inonde mon visage et mon corps...


Vous êtes ma seule amie.
Il avait sonné tard dans la nuit. Savait-il qu’il n’y aurait alors qu’une seule personne à l’office et que ce serait moi ? Je l’ignore. J’étais montée en tout hâte dans sa chambre, craignant que sa blessure ne se soit aggravée et qu’il soit parti sans prévenir. Je le trouvais gémissant au creux de ses draps. Délicatement, j’entrouvris les lourdes tentures bleues et posai ma main sur son épaule suante.
« Vous êtes venue, réussit-il à articuler, donnez moi à boire, j’ai tant soif. Ma gorge se dessèche et parler m’étrangle. »
Je m’exécutai alors, tentant de verser entre ses lèvres minces un peu de liquide que j’aurais voulu salvateur. Haletant il s’agrippa à ma main. Je savais qu’il souffrait, mais il n’aurait jamais consenti à avouer combien il avait mal. Je me doutais que la fin était proche mais jamais l’idée d’appeler un prêtre ne me serait venue à l’esprit ; l’homme couché n’en aurait pas voulu.
« J’ai...tellement froid, reprit-il en cherchant de ses mains mes épaules,  pressez... votre corps contre le mien...
- Nous n’allons pas devenir amants maintenant monsieur.
- Amants, non... vous n’êtes pas mon... amante. Vous... êtes... ma ... seule... amie. Tous jusqu’à moi-même m’ont trahis. Vous seule restez. Serrez moi contre vous, là, ainsi, et dîtes moi, redîtes moi, comment sera-t-elle, celle qui viendra ? »
Tout doucement, j’appuyais sa tête contre mon sein et ma bouche auprès de son oreille je m’exécutai, comme de nombreuses fois auparavant, lorsqu’il avait trop... peur :
« Elle viendra dans ses longs voiles noirs, sa chevelure aux vents, à peine retenue par une couronne d’asphodèles. Elle avancera, flottante, jusqu’à vous. Là elle écartera son vêtement, et mettra à nue une peau si blanche qu’on la croirait d’opale, pourtant elle ne porte aucun fard. S’allongeant sur vous, de sa bouche de sang elle vous baisera et dans cette voluptueuse étreinte vous partirez.
- Oui, il en sera ainsi... Mais la voilà déjà... Ouvrez-lui, laissez là venir à moi... Elle s’avance à présent... Elle est si belle... Oui je te suis spectre de plaisir, attend moi encore un instant, que je me sépare de mon amie. Adieu mon aimée, vivez pour le libertin qui meurt. »
Tous son corps s’alourdit alors et sa tête glissa contre ma poitrine. Je me pressais contre lui, me blottissant aux creux de ses bras sans vie. J’aurais dû appeler, prévenir la maisonnée mais je n’en fis rien. Mes joues restaient sèches mais la douleur me déchirait. Tout mon être brûlait. Il me semblait que la chaleur se faisait à chaque instant de plus en plus pesante. Titubante je sortais sous le porche. Il pleuvait, pourtant l’eau ne me rafraîchissait pas. Comme si par cette torpeur, je devais me rappeler que je vivais alors que le corps là-haut était froid et que cela m’était insupportable.
Je me mis à courir. Bientôt toute ma chemise de nuit fut trempée de cette pluie tiède et torrentielle. Mais peu m’importait. Les yeux fermés je me livrais à la nuit.
Vous êtes ma seule amie.
J’étais peut-être la seule femme de son entourage qu’il n’ait jamais touché. Enfant, j’étais rentrée dans sa domesticité, comme femme de chambre. Malgré tous les bruits qui courraient, je gardais une dévotion complète pour cet homme si fascinant. Et puis un soir, alors que je m’étais assise sur le sol de la bibliothèque, un livre sur les genoux, comme j’avais l’habitude de le faire toutes les nuits, il entra. Je pense qu’il fut tout d’abord surpris, mais ensuite il vint s’asseoir en face de moi, et prenant le roman, il commença à m’en faire la lecture. Il en fut ainsi chaque soir, et de la lecture nous passâmes aux discussions. J’aimais l’écouter parler. Mais bientôt il me força également à m’exprimer, à enfin dire ce qui était resté enfermé dans mon esprit.
Il dut se nouer un lien plus fort que beaucoup de ses liaisons. Maintenant voilà qu’il m’avait abandonné à l’épaule dure et froide de l’existence. Il voulait que je vive. Mais comment le pourrais-je ? La réponse se trouvait en moi pourtant. Il m’avait appris à utiliser mon intelligence et à cultiver mes dons. Il désirait que je finisse ce chemin qu’il avait emprunté.
Vous êtes ma seule amie.
Ma course se fit encore plus folle, dans les rues, sur les bords de Seine. Puis je chutai. Ma joue vint heurter le sol. La réponse se faisait enfin évidence.
Et lors que le jour se lève, un sourire vient se dessiner sur mes lèvres et la pluie qui ruisselle sur mes joues est maintenant salée.

 

Ma vie

Pile ou face
                            
Corinne Charby

Pas la peine de se retourner
Sur le tableau décroché
La craie s'efface
Y a plus de traces

{Refrain:}
Et moi je vis ma vie
A pile ou face
Tous mes sentiments
A pile ou face
Indifféremment
A pile ou face
Et de temps en temps
Un coup je passe
Un coup je passe

Je veux vivre ma vie
A pile ou face
Mes amours se jouent
A pile ou face
Dans un léger flou
A pile ou face
Je risquerai tout
Un coup je m'égare
Un coup je me gare

Chaque jour devant ma glace
Je vois des rêves qui passent
Et qui s'effacent
C'est le temps qui se cache

{au Refrain}

Mais moi je vis ma vie
A pile ou face
toutes mes émotions
A pile ou face
Chaque sensation
A pile ou face
Sans hésitation
Un coup je passe
Un coup je casse

Souvenir...

 

 

 

"Il faudra bien qu'un jour,
tu acceptes de te tacher."

 

 

Chypre

Merveilleux voyage dont il n'y a pour le décrire qu'une ribambelle de mots

Monsieur Citron... Vénus... Les 9 muses... La 503... Les déesses de la fertilité...
Les bonbons à la violette... Les Carambars... Le chocolat... Les goûters top secret...
La soirée... La sortie en bar spéciale muse... Les poses champêtres... La plage...
Le petit-déjeuner... Le French buffet... Les paniers repas... Les Russes... Les Anglais...
Les icônes... Les fresques... L'archéologie... L'Orthodoxie...
La mini-jupe... Le mini-lit... Les spice girls... Les putes rurales...
La footcream... Les masques... Le lavage de pieds... Les ablutions...
JE VOUS AIIIIIIIIIIIIIIIME...
Le balcon... Tod... L'évolangisation... Les Valmontes... Eros pédagogue

Et encore beaucoup d'autres choses. Merci pour ce fabuleux voyage et encore mille baisers pour mes neuf muses adorées.

Votre Erato                

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